Helicriss, Sylvaine Delacourte – Réminiscences estivales…

SYLVAINE DELACOURTE DÉVOILAIT EN DÉCEMBRE DERNIER sa marque de parfum éponyme après un parcours admirable au sein de la maison Guerlain. Les 5 premiers opus constituent une collection autour d’un même thème, en l’occurrence ici les muscs. Sylvaine Delacourte, aux manettes de la direction artistique, a voulu détourner et mettre en valeur comme on le fait rarement ces matières premières d’habitude considérées plutôt comme des outils techniques et des matières à effets que des joyaux bruts à traiter  en élément central d’un parfum. Si les cinq créations qui en découlent ne sont pas à proprement parlé des muscs, les thèmes associés à chacun restent joliment traités.

Helicriss est celui qui m’a le plus intrigué et touché. Il se construit sur un duo inattendu liant les muscs, donc, à l’immortelle, nom vernaculaire de l’hélychrise. Pour moi, il évoque l’odeur de l’insouciance de l’été en réinterprétant l’aspect solaire en parfumerie sans passer par le sempiternel accord floral de monoï. Une odeur chaude, estivale plus authentique.

 

« Le Soleil que c’est beau, quand il joue avec les bateaux, sur la mer, dans le vent, qui change l’eau claire en diamants.  Ils pourront revenir, les blancs nuages. Moi, je vais m’endormir sur cette plage. »

[Brigitte Bardot, Le Soleil]

 

delacourte
Helicriss, Sylvaine Delacourte

Le bref départ hespéridé et aromatique, presque médicinal, esquisse l’image floue d’une eau de Cologne classique derrière laquelle on sent déjà poindre une chaleur des plus plaisantes. La fraicheur zestée et herbacée, comme un vent frais au matin, se réchauffe peu à peu de notes épicées et boisées, à la manière des premiers rayons de soleil qui viennent caresser la campagne qui s’est reposée toute la nuit de la chaleur harassante de ces journées brûlantes. C’est ce moment suspendu entre le matin frais et le midi au zénith, qu’évoque Helicriss, quand tout s’échauffe dans une insouciance estivale menant à une douce torpeur. L’immortelle, d’abord liquoreuse avec ses notes de porto, se fait de plus en plus grasse et épicée avec sa note typique de curry. En s’ouvrant en soliste sur la peau, minérale, salée, grasse presque huileuse, elle donne l’impression délicieuse d’un épiderme chauffé par le soleil et qui s’abandonne à l’été qui n’en finit pas.

 

« Alors, dans le ciel de craie s’ouvrait une sorte de gouffre d’une phosphorescence inouïe d’où soufflait une haleine de four et de fièvre, visqueuse, dont on voyait trembler le gluant et le gras »

[Jean Giono, Le hussard sur le toit]

 

Le résinoïde d’encens, aux notes de résine poussiéreuse et d’écorce séchées, accentue l’effet minéral, aride et « chauffé à blanc », tandis que les muscs rendent l’ensemble confortable et portable, plus humain en somme.

Dans Helicriss, Sylvaine Delacourte a voulu capturer l’odeur chaude du maquis corse en lui donnant l’apparence d’un héros mythologique, racé et charismatique. Le plus masculin de la collection, parfum de peau avant tout, Helicriss semble bel et bien répandre la quiétude et la chaleur empreint de la puissance du soleil, hélios, dans son nom comme dans son odeur.

Pour tester l’ensemble de la collection Musc de Sylvaine Delacourte, commandez votre set d’échantillons sur le site www.sylvaine-delacourte.com

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