Galop d’Hermès, Hermès – Tour de piste réussi

HERMÈS LANCERA BIENTÔT GALOP, UN NOUVEAU PARFUM EXCLUSIF. Présenté comme un extrait, cette première « vraie » création de Christine Nagel pour le sellier français (si l’on compte Eau de rhubarbe écarlate comme une simple introduction) ne sera disponible qu’en boutique Hermès et à un prix en conséquence, vous l’imaginez bien. Mais doit-on pour autant bouder cette nouveauté ? Non ! Et je vais tenter de vous expliquer pourquoi !

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Galop d’Hermès, flacon – Photo : Musque-Moi

Enfermé dans son écrin de fer et de verre aux courbes reprenant celles d’un flacon étrier historique de la marque, le jus est présenté comme une alliance d’un cuir Doblis, cher à la maison, et d’une rose, essence même de la féminité en parfumerie. « Le cuir anime la rose, la rose emporte le cuir, sans que jamais l’un ne domine l’autre« , nous dit Hermès.

Il est vrai qu’on ne peut qualifier Galop de cuir ou de soliflore rose. Cela serait bien trop restrictif. Lorsque l’on sent ce premier féminin de Christine Nagel pour la marque, on ne peut qu’être saisi par une construction et une sophistication comme on n’en voit quasiment plus en parfumerie grand public. Galop a le charisme et la noblesse d’un 24 Faubourg. Sans en reprendre le thème olfactif pour autant, il lui emprunte un certain classicisme qui le rend presque familier. Peut être est-ce dû à quelques évocations de grands classiques tout en s’insérant à merveille dans ce que se doit d’être la parfumerie moderne.

Pourtant, Galop joue une partition sur le fil. L’ouverture du parfum se fait sur un cassis éblouissant, mêlé de poire (le coing est cité officiellement), envoyé en l’air par une pointe camphrée et mentholée de bucchu et par un pamplemousse le rendant juteux et pétillant. On pourrait voir cela comme un clin d’oeil à Jean-Claude Ellena, amateur de ce genre de notes, s’il ne rappelait pas Si d’Armani, signé par Christine Nagel avant de rejoindre les écuries de la maison Hermès. La modernité de cet accord fruité pourrait se laisser aller au shampoing si l’exigence et la liberté de création de la parfumeur n’avaient pas été là. Bien au contraire, elle permet l’entrée en scène d’une rose généreuse, sirupeuse presque confite par une fraise confiturée, et oscillant avec une certaine fraicheur candide.  Rayonnante, grasse, solaire, à peine baumée et vanillée juste comme il faut, elle s’enveloppe d’un cuir moderne et charnel, aucunement fumé et animal. Un cuir rugueux et veloutée à la fois, qui épaissit le cœur floral et lui donne du liant avec la peau, tout en gardant une souplesse confortable. Un lien à la peau accentué par quelques muscs qui s’assèchent sur le fond, pour laisser l’impression d’une fourrure animale ou d’un épiderme alangui au soleil.

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Galop d’Hermès, flacon – Photo : Musque-Moi

De Chamade et Nahéma de Guerlain à Rouge Hermès, en passant par Trésor de Lancôme, Galop évoque quelques roses emblématiques anciennes comme plus modernes, mais toute passées à la postérité, et ce n’est pas pour déplaire. Au contraire, la modernité de l’accord fruité se twiste de ce délicieux aspect rétro qui suffit à lui donner vie et surtout lui donner quelque chose à raconter.

Il est possible de faire de beaux parfums fruités intelligents et élégants, Galop d’Hermès en est la preuve. Quant à Christine Nagel, elle fait ainsi son nid chez Hermès, et prouve qu’elle est capable de prendre la suite de Jean-Claude Ellena tout en affirmant sa propre patte, en renouant la marque avec un style plus empreint de classicisme.

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Une réflexion sur “Galop d’Hermès, Hermès – Tour de piste réussi

  1. Galop, c’est du sirop lourdingue.
    Mais en très bien maîtrisé, avec pleins de matières naturelles à deviner.
    Et qui sent bon! (une belle réussite donc)

    10 jours après je l’avais encore sur mon manteau. Pour une fois, voilà un Hermès tenace.

    J’ai essayé de deviner quelques notes. J’aurais tenté :
    – absolu camomille pour dompter les notes de tête et rendre le fond plus fourrager,
    – et de l’absolu foin très dilué pour l’aspect cuir.

    On est plus dans le moite et le potager que dans le cuir. Et tant mieux, car je n’aime pas les isoquinolines pour faire cuir.
    Je ne sais pas où est le safran, moi qui aime « a scent » de Theo Fennell (a scent est sec, très biquette dans son musk salé, et son départ rose + safraneline), et « safran troublant » de l’artisan parfumeur.

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