[Coup de Cœur] Bucoliques de Provence, l’Artisan Parfumeur – Infusion de Lavande

L’ARTISAN PARFUMEUR fête en 2016 ses trente printemps. 13277751_1034551656639029_381725879_nA cette occasion, la marque nouvellement acquise par le groupe Puig s’offre un relooking intégral ; une refonte de l’identité visuelle et du discours maison. Finies les montagnes russes avec les collections et les inspirations diverses, différentes tous les mois. C’est un retour aux codes bucoliques, naturalistes et poétiques que nous étions nombreux à suggérer depuis longtemps ! Finis les couleurs, les boutiques et les visuels ringards ou cheap, faussement modernes. C’est l’entrée en piste du noir, sur flacon historique, certes déjà-vu et racoleur, mais quoiqu’on en dise : efficace et… chic ! Sur les flacons est venu prendre place les noms des parfumeurs. Une belle idée si seulement celui de Bertrand Duchaufour, qu’importe les histoires qui ont pu se passer en interne, on s’en fiche, n’avait pas été sciemment omis. Enfin, fini le délire sur Grasse  au centre de la marque depuis plus d’un an comme si l’ADN de l’Artisan Parfumeur, marque la plus parisienne qui soit, se trouvait en Provence… Ouf !

Quoique Grasse ne semble pas complètement rayé de la carte de la maison. Pour preuve, le parfum lancé en édition imitée à l’occasion de ce renouveau : Bucoliques de Provence. Si c’est bien un hommage au sud de la France et à la ville de Grasse, servant en quelque sorte de transition en douceur en repartant de là où s’est terminé le chapitre précédent, l’Artisan Parfumeur promet « une nouvelle collection de parfums […] inspirée par la beauté des régions françaises ». Une vision plus en phase avec la maison en somme, et qui va plus loin que Grasse, piège dans lequel était tombé la marque auparavant, au point de créer une discours un peu incohérent et alambiqué.

Le recentrage de la marque, pour l’instant très réussi se ressent aussi olfactivement dans ce Bucoliques de Provence.

13113876_879137082214164_1357260267_nConstruit par Fabrice Pellegrin autour d’une lavande spéciale du sud de la France, un trésor de la Provence souvent mal aimé en parfumerie fine par une clientèle non avertie, cette eau de parfum accompagne la fleur aromatique de cuir et d’iris. Annoncé comme cela, on pourrait s’attendre à quelque chose de violent, pourtant c’est tout le contraire : une eau tendre et douce. L’ouverture du parfum se fait dans une envolée camphrée et aromatique, d’une lavande noble et élégante. Vent de fraicheur propre et revitalisant, différent des agrumes dont on a tant l’habitude, ce départ est ce qu’il y a de plus montant et explosif dans tout Bucoliques de Provence. L’absolue de lavande, aux notes de foin, vient ensuite calmer l’essence, plus fraîche et agreste, et reste présente tout au long de l’évolution du parfum. Une note florale douce et rosée cosmétique, légèrement héliotrope, se mêle à l’iris et à la violette pour poudrer le tout et, avec l’overdose de muscs très « peau », fondre la lavande en un cuir velouté et souple, crémeux, appuyé par un accord daim ample et confortable, où se cache peut être une pointe de safran. Sous certains aspects, on pourrait presque sentir le fantôme de Cuir d’Ange. Aussi diffusif, confortable et avec presque la même signature olfactive cuirée-mate et poudrée. Plusieurs personnes se sont d’ailleurs faites prendre au piège dans son sillage en les confondant ; la faute à ce cuir irisé et héliotropé. Les muscs ne sont pas si blancs et ne font pas tomber la composition dans une vague lessive insipide. Bien au contraire, Bucoliques de Provence garde tout son caractère, son épaisseur, conserve un bon pouvoir diffusif et un aspect rassurant et enveloppant. Se fondant comme une seconde peau sur l’épiderme, il mêle de façon contradictoire mais réussie, un aspect propre et savonneux, ici fait de lavande et de notes cosmétiques, à un côté plus « peau », donné par les muscs, l’iris et l’accord cuiré.

Un faux-propre, addictif et électrisant, comme seul Infusion d’Iris de Prada parvenait à le faire jusqu’ici.

Bucoliques de Provence semble être un de ces accords revisitant la fougère, en l’adoucissant et en la féminisant, comme on avait pu le voir ces dernières années en grand public chez Burberry avec Burberry Brit Rythm, ou chez Chanel avec Jersey. Son aura claire et son assise cosmétique un peu gras en font un parfum agréable à retrouver tout au long de l’année ; à porter décontracté sur une chemise en lin pour profiter des beaux jours, ou avec un petit cachemire en hiver pour rester confortablement installé à la maison. Un vrai potentiel de parfum doudou, sans pour autant mettre de côté l’élégance et le raffinement, atout incontestable des lavandes de qualité.

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Bucoliques de Provence, L’Artisan Parfumeur – Photo : Musque-Moi !

Avec ce Bucoliques de Provence, l’Artisan Parfumeur s’offre enfin une nouveauté très Artisan Parfumeur : délicate, riche, dans l’air du temps avec un rien d’innocent et d’ingénu… On replonge avec plaisir dans ces instantanés bucoliques et sincères capturant des petits poèmes olfactifs tendres et touchants, évocations d’images au grain suranné et aux contours flous baignés d’une douce lumières chaude. Comme un souvenir qu’on aurait toujours eu ancré en nous, et que l’on finirait par retrouver. Et ça, ça fait du bien !

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