Passage d’Enfer, L’Artisan Parfumeur – Se laisser aller dans les limbes de l’encens Giacobettin

PASSAGE D’ENFER fait partie des plus belles créations d’Olivia Giacobetti pour l’Artisan Parfumeur. Cette subtile alliance de notes contradictoires, finement fondues les unes aux autres, élève le talent de la parfumeuse au rang de génie pour un parfum emblématique.

 

« Il doit bien y avoir un moyen de s’échapper de cet enfer… 
il y en a sûrement un, en dehors du sommeil et des rêves… »
[Hugo Pratt]

 

Associer des fleurs à l’encens est une chose très délicate. Mais allier le végétal et le minéral semble ne pas faire peur à Olivia Gicaobetti. Passage d’Enfer en est la preuve.
Comme à chacune de ses créations, elle nous livre un récit poétique, touchant et tendre. On y retrouve des thèmes bucoliques et naturalistes, récurrents par touches ou par grands aplats, condensés en une atmosphère éblouissante de justesse. Suggérer plutôt que reproduire note par note, tel est son secret. 

Ici, l’encens est loin d’être dur et métallique. Montant à la verticale en dessinant d’amples arabesques, il trace une croix dans l’atmosphère en passant à travers la masse vaporeuse et horizontale du musc blanc. Il se fait léger et cotonneux comme une fumée blanche et épaisse. Insaisissable et pourtant présent, à l’image d’un souvenir, tendre et impénétrable, comme un bout de mémoire livré en flacon et dont le jeu est de l’interpréter.

Je me suis prêté au jeu :

 

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source : pixabay.com

Les portes de la petite église sont ouvertes sur une vive lumière d’un jaune tendre ; derrière s’étend la campagne, le printemps et les  bosquets frissonnants dans l’air tiède. A l’intérieur, le silence est écrasant mais la fraicheur ambiante si bienvenue. 

Elle s’y aventure.

Le tintement de l’encensoir céleste répond aux fleurs de tilleul, d’oranger, de chèvrefeuille et de mimosa qui dansent au vent. Les volutes enlaçantes se sont entrelacées aux dentelles d’un pétale blanc tombé sur le marbre des marches de l’autel. Elle le saisit délicatement entre la pulpe de ses doigts, en respire son doux parfum. Le souffle crémeux et tendre d’une fleur virginale se mêle aux derniers relents de cire chaude des cierges qui viennent de rendre leur dernière flamme dans un hoquet silencieux. L’odeur caractéristique de la bougie éteinte flotte encore dans l’air autour de sa robe blanche, en coton, portée par le claquement de ses sandales vernies qui résonnent sur les dalles. 
Elle sent déjà sur ses vêtement, s’imprimer le parfum de ce lieu empreint de mysticisme. Ce qu’elle préfère, c’est l’odeur de renfermé, un peu humide, un peu moussue, un peu minérale, qui se mêle au scintillement des muscs de la lessive qu’utilise sa mère.

Cette ambiance, elle la trouve reposante.
Plus tard, elle s’en souviendra comme méditative. Inspirante aussi. Mais pour l’instant elle savoure chacune des molécules qui s’aventurent à la portée de son nez. Cette bulle spirituelle, ni chaude, ni froide, ressemble à la sensation d’un châle jeté sur les épaules. Un châle protecteur dans lequel on peut se laisser sombrer, qui nous rend invisible et dans lequel on peut disparaitre le temps de se laisser aller à nos pensées. 
Déconnexion.

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Passage d’Enfer, L’Artisan Parfumeur – photo : Musque-Moi

 

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2 réflexions sur “Passage d’Enfer, L’Artisan Parfumeur – Se laisser aller dans les limbes de l’encens Giacobettin

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