[Coup de Cœur] Trudon, Diptyque, Penhaligon’s – Les Bougies de la rentrée…

0d35c-capture-de28099c3a9cran-2014-08-05-c3a0-11-07-32-700x646Une bougie de cape et d’épée – Madeleine, Cire Trudon

Quoi de plus normal qu’un cuir, pour rendre hommage à cette femme de caractère du XVIIème siècle, garçon manqué dans l’âme, chanteuse d’opéra et de tavernes, à la beauté désarmante et à la lame aussi fatale que son franc parlé et sa rage de vaincre ?

Par ce cuir vert et aromatique, légèrement floral, le clin d’œil (voulu ou non) à l’une des parfumeuses qui a profondément marqué la parfumerie est tout à fait justifié et habilement mené. En effet, le crochet que fait la bougie Madeleine par Bandit, Jolie Madame (et plus tard, leur descendant Cabochard) n’est pas sans rappeler les formules taillées à la serpe autour du cuir vert de l’isobutylquinoléine de Germaine Cellier, qui semble partager avec notre héroïne sa gouaille, sa beauté insolente et son tempérament de feu.

Armoise, lavande, vétiver, notes animales et cuir tabacé… Une Madeleine qui n’a rien d’une douceur, mais dont l’audace et le parti-pris olfactif ne font que confirmer la qualité des créations du maître cirier Trudon.

———

Triptyque d’émotions chez Diptyque – Les Cierges de la Collection du 34

Les Lilas, Le Redouté et Curiosités sont les trois nouvelles bougies de la célèbre marque parisienne à l’ovale. Toutes trois sont disponibles dans un nouveau format inédit : le cierge.

Diptyque-La-collection-34-Cierge-parfumé-Les-lilas

Dans ces trois parfums d’ambiance, Diptyque nous invite à un véritable voyage olfactif. Un voyage contemplatif, méditatif, nostalgique ; à la fois terrien et aérien, presque céleste. Une invitation à une véritable immersion au cœur d’atmosphères et d’émotions, comme si des bribes de souvenirs nous étaient racontées par un vieux sage, ou contées par une grand mère dans l’atmosphère cossue et rassurante de son salon. Les mots aspirent toute votre attention et votre intérêt. Au fil des évocations, les mots se font lointains mais toujours aussi clairs. Peu à peu, autour de vous, à chaque détail qui coule des lèvres de ce livre ouvert, se plante le décor et vous vous laissez aller à la rêverie…

Tout le monde sait que les lieux sont habités d’odeurs. Ces âmes odorantes hantent pour le meilleur (et parfois pour le pire) des lieux que l’on aime tant ou bien où l’on passe juste, et qui nous imprègnent, allant même parfois jusqu’à nous marquer profondément. Une pièce forge son identité olfactive par tout ce qui y vit et s’y vit, par tout les souvenirs qui s’y sont accumulés. Du meuble en bois brut, aux bibelots venus des quatre coins du monde. Des objets du quotidien habitués des lieux, aux morceaux de vie étrangers de passage, déposés là par erreur ou volontairement, jusqu’aux éclats de rires, de voix et aux tintement des verres qui s’entrechoquent joyeusement. Tout rempli l’espace d’une douce odeur rassurante. Puis lorsque la vie est amené à quitter la pièce, un voile poussiéreux et brumeux se dépose en filigrane à la surface de la pièce. le salon joyeux et animé prend des allures de bureau feutré, de cabinet de curiosités inquiétant, hanté par les fantômes du passés. Les odeurs sont en condensé, et se patinent. Tout se floute peu à peu.Le bois sec du cèdre enveloppé d’encens, le poudreux terreux de l’iris mêlé au remugles mystérieux et noirs de l’ambre gris… Curiosités est ce condensé d’atmosphère à la fois rassurante, mélancolique et doucement surannée, que seule la finesse d’écriture, la poésie et le génie d’interprétation de moments suspendus d’Olivia Giacobetti pouvaient mettre en bougie.

Autre bougie, autre atmosphère.
Encore dépouillés par l’hiver qui vient de mourir, les arbres aux longues branches où peinent à exploser les premiers bourgeons de l’année, étendent leurs cimes noires dans la brume fluide et fraîche d’une matinée de printemps. Seul le bosquet de lilas, fiers et conquérants, épanouit ses panicules d’un blanc pur dans l’humidité mordante qui fait suinter la terre d’une odeur d’humus. C’est la rencontre de l’eau, de la terre et du végétal en un même lieu, d’un souvenir de fleurs de jonquilles dans les cheveux et de perles froides de rosée qui coulent sur les mollets, au cœur d’un grand jardin qui s’éveille. Un jardin lointain, qui se drape du voile argenté et incertain du souvenir. C’est la mélancolie saisissante d’un souvenir fugace qui coule entre les doigts ; la joie que procure la vision et le souvenir de ce morceau de paradis, et le déchirement d’avoir la sensation de le perdre et d’avoir finit d’y vivre des moments extraordinaires.
C’est Les Lilas, par Olivia Giacobetti.

———

Penhaligon’s parfume la mode – Bougie Samarkand

Samarkand est la bougie Penhaligon’s spécialement (re)mise en avant pour la fashion-week de Londres.
Hommage vibrant, riche et opulent à la célèbre ville Ouzbèke éponyme, Samarkand n’en reste pas moins étonnante. En effet, si en sanskrit son nom signifie « lieu de la rencontre, du conflit », c’est bien un choc de deux univers qui s’affrontent derrière cette bougie toute de noir vêtue, de la cire jusqu’au bout du verre. Les volutes sombres et épaisses d’une cire d’abeille envoûtante, habillées des vapeurs de fleurs narcotiques, typiquemen04329-samarkand-candlet orientales, sont portées par l’aspect aromatique et épicé typiquement occidentale d’un fantôme de fougère, clin d’œil aux parfums de facture classique de la maison. L’Orient et l’Occident se rencontrent pour le meilleur ; sous les voûtes somptueusement ornées des palais, se côtoient brocards, fourrures, or et épices au cœur des parfums suaves et assommant d’une ville mystérieuse.

L’atmosphère sombre, chaude et enveloppante de Samarkand sera parfaite pour cet hiver, dans le confort cossu d’un salon à la campagne pour se jouer du mauvais temps rêver d’un bout d’Orient.

Publicités

3 réflexions sur “[Coup de Cœur] Trudon, Diptyque, Penhaligon’s – Les Bougies de la rentrée…

  1. J'avais mis le nez dans la Madeleine de Trudon (en tout bien tout honneur hein!) début août, et à froid je n'ai pas vraiment été emballée… Dans le genre cuir floral j'ai craqué, à cause de Dau, sur le Sac de ma mère de Goutal. Pas encore brûlée mais rien qu'à froid elle dépote dans toute une pièce!
    Dyptique je dois allez voir les nouveautés (et sentir des anciennes) mais j'avais été un peu échaudée par ma dernière Mimosa, qui diffusait beaucoup moins que celle que j'avais acheté un an auparavant…
    (ha sinon aujourd'hui sur mon blog c'est Abd El Kader la star ;) )
    Des bises

    J'aime

  2. Salut Poupoune !!!
    Oui, je comprends, Madeleine a du caractère. Ce n'est pas un cuir rond, doux. Il est plus brutal et claquant. Comme un coup de cravache. Je comprends que l'on accroche pas forcément ! Il faut dire qu'en bougie c'est encore plus audacieux qu'en parfum !
    J'aime beaucoup Le Sac de ma Mère. Mais c'est un cuir à la manière de Duel : basé sur l'aspect cuir vert des ionones (molécules à odeur de violette). Ce qui en fait un cuir floral irisé très pimpant.
    Le trio de Diptyque est, à mon sens, la collection la plus réussie en bougie cette année. C'est éblouissant et touchant à la fois !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s