Pohadka, Ys-Uzac – La fuite du temps…

« Ainsi la Nuit… »
Voilà le sous-titre de ce parfum, présenté par son créateur Vincent Micotti comme un cuir vert (soit !). Cette phrase sonne comme un prélude à de douces rêveries. Et pour cause, ce n’est pas la nuit que m’évoque ce conte lorsque je le découvris il y a quelques années, mais bien une douce fin d’après midi d’été…

Quitter une ambiance sereine et idéale pour voguer vers d’autres horizons incertains, ou au contraire bien trop communs, bien trop connus. Tiraillé entre la plénitude d’un moment plaisant, hors du temps, et le blues d’un dimanche soir au retour des vacances. Vous connaissez cette sensation d’apaisement, d’euphorie et de mélancolie mêlés ? C’est ce qu’inspire en moi Pohadka !
Ce sentiment ambigu, instable mais plaisant contraste, entre regrets et béatitude, est évoqué à merveille dans ce parfum par l’association des notes fraîches et vertes à un fond chaud et « salé », liées par un jasmin rond et doux, tout en discrétion, qui habille le tout sans jouer sa partition en solo.

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Paysage champêtre d’été – Musque-Moi !

Son ouverture, fraîche, verte et scintillante, doucement glaciale, faite de feuilles de shiso et de menthe, est comme une brise qui claque sur les joues ; cheveux au vent et rire aux lèvres. On file sur la route vallonnée, entre les champs verts à flanc de collines et les vignes gorgées de raisins, en cette fin d’été. Le paysage forme des boules moutonneuses de vert et d’ocre, douces et ondulantes. Le jour décline et baigne la campagne, sereine et fatigué par la canicule, d’une lumière d’or cuivré. Champignon, tabac et immortelle : dans l’air, l’humidité de la rosée qui s’installe fait monter les odeurs de foin moite et des sous bois dans les restes de chaleur déclinante.
Sous mes yeux défilent les mille vagues scintillantes d’un lac qui s’étale, impassible, au bas des coteaux. Fuir le jour qui décline et caresser du bout des doigts les herbes folles qui se balancent au vent… Pohadka pose toute une ambiance.

cd2dc-ysuzac-pohadkaCourse sans but à travers la campagne, si ce n’est vers l’automne, le temps se suspend à nos cœurs et au crépuscule naissant. Le jasmin, discret, fond les notes vertes tièdes et foin sur la peau, mêlées au accents anisés d’un bois de réglisse qui stimule l’esprit autant que les papilles, comme les piaillements des étourneaux qui fusent à travers le calme champêtre. Quelques œillets et une touche salée, presque  minérale, qui me rappelle le cèleri, sonnent comme les dernière notes de cet andante en vert et or, teinté de sépia.
Derrière nous, les feuilles se teintent de jaune et d’orange, s’épicent. L’automne tenterait-il de nous rattraper ? Qu’importe ! Vivons à plein poumons les derniers moments de cet été qui décline avec le jour.

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3 réflexions sur “Pohadka, Ys-Uzac – La fuite du temps…

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