Cocobello, James Heeley – Noisette de coco …

La coco serait une des nouvelles notes à la mode ?
Il semblerait bien, à voir Lolitta Lempicka se risquer sur ce chemin avec son tout nouveau Elle L’Aime, nouveau grand féminin de la marque après Le Premier Parfum devenu un classique, Si Lolitta et quelques sorties soignées mais qui n’ont pas rencontré le succès espéré ( L’Eau en BlancL … ). Dans le secteur plus confidentiel, c’est James Heeley qui a voulu se frotter à cet exotisme pouvant vite paraître cliché, avec son dernier parfum : Cocobello.


Comment qualifier l’odeur naturelle de la noix de coco ?
Si on la qualifie inévitablement de « lactée« , elle est bien plus que ça. S’intéresser au parfum d’un élément naturel, c’est également, et surtout, le prendre dans son ensemble. Le figurer dans l’univers, le paysage, duquel il est tiré, en saisir la symbolique, mais aussi faire appel aux autres sens pour en tirer une appréciation la plus complète et possible, encore plus lorsque cette matière première est comestible. Grâce à cette façon d’appréhender l’odeur, je qualifierais la coco de « lactée« , bien sûr, mais « boisée, huileuse et salée » pourraient également lui convenir, selon mon rapport personnel à l’odeur. « Salée » par la sensation qu’elle procure en bouche, comme son lait aqueux et nourricier, « boisée » lorsque elle se présente avec sa fine pellicule brune, un peu rêche et amère, et « huileuse » comme sa chaire tendre, blanche, laiteuse et grasse.

Bien trop souvent, la représentation de la noix de coco en parfumerie ne s’appuie que sur l’un de ces adjectif : le lacté. 

Et c’est compréhensible, car c’est ce qui fait toute sa particularité, et cette facette laiteuse est facilement retranscrite par des matières de synthèse appelées lactones, comme la nonalactone-gamma (= aldéhyde C18), la jasmolactone…
Mais lorsqu’il est question de traiter la noix de coco en solinote, comme c’est le cas dans Cocobello, il n’est plus question de s’arrêter à une matière, ou une facette, « cliché ». James Heeley est allé piocher dans les trois registres décrits plus haut. C’est ce qui fait de Cocobello une interprétation inédite et jamais vue de la noix de coco.

Cocobello, James Heeley – Source : tienda.jeperfumes.com


Cocobello mêle les notes lactées et boisées (surtout), grâce au cèdre et au santal. L’alliance des deux crée l’illusion, sous le nez, d’une noisette fraîche, peut être même un peu verte, et qui a la particularité de stimuler les papilles gustative et mettre l’eau à la bouche. Le fond boisé prend de faux airs d’Autoportrait, d’Olfactive Studio, par ses facettes cèdre.

Le parfum serait presque automnal si une facette salée inédite, parfaitement dosée et équilibrée dans la composition, ne venait pas relever le tout. La note florale (le gardénia est revendiqué dans la pyramide officielle), qui fait respirer le parfum, reste discrète mais semble essentielle pour apporter un esprit solaire estival, inévitable à un fruit aussi exotique que la noix de coco. 

La puissance des notes lactées hautement dosées ici, en laisseront sans doute plus d’un sceptique. Et pourtant, le parti pris risqué a été parfaitement exécuté, et doit être salué selon moi. Une belle surprise en cette fin d’année qui a été bien pauvre en nouveautés remarquables aussi bien en parfumerie de niche, qu’en parfumerie grand public.


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Une réflexion sur “Cocobello, James Heeley – Noisette de coco …

  1. Mis à part le santal, je n'aime pas du tout les notes lactées en parfumerie. Aussi belles soient les compositions, je me détourne très vite des lourdes tubéreuse (sauf la merveilleuse Daphné de CDG), des gardénias capiteux ainsi que des notes de coco.
    Pourtant, force est de constater que celle-ci est très agréable avec ses atours salés et végétales que vous soulignez. un travail plutôt bien éxécuté pour un sujet qui peut, hélas, vite tomber dans le cheap.
    J'aime beaucoup le travail de James Heeley mais, ne me ressemblant pas, Coccobello ne fera probablement pas parti de mes parfums. Cette jolie réussite accroit néanmoins mon admiration pour son auteur, dont j'aime le style sobre et élégant. Cuir Pleine Fleur me fait de l'oeil. L'Iris de Nuit, farouche, cotonneux et éthéré, m'émeut à chaque fois, me calme et m'apaise. De mon point de vue, la plus belle de ses compositions.

    Emeline

    J'aime

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