Bang, Marc Jacobs – Coup de coeur, coup de poivre…

Une chose est sûre : Marc Jacobs réussit mieux ses parfums masculins, que ses jus floraux fruités gnian-gnian destinés aux jeunes filles en fleur.

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Un nom qui laisse imaginer une bombe épicée, mais qui, au final, cache un parfum peut être un poil pas assez explosif. A la pulvérisation, c’est un poivre blanc et noir qui envahit l’air, poudré et sec, il manquerait de nous faire éternuer !
Il se pare de bois pas trop synthétiques et Marc Jacobs nous épargne, ici, les fameux « bois qui piquent » dont abuse la concurrence et que l’on sent partout ; équivalent masculin de l’éthylmaltol omniprésent du côté des rayonnages féminins.

L’accord est simple, concis, précis, sans surprises, peu évolutif passé la tête, mais réussi.
Une fois le nuage poivré apaisé (un peu trop vite à mon goût, mais cela vient de la matière première en elle même), la fragrance développe une étonnante association de notes boisées, épicées, de notes hespéridées mais pas fusantes apportées par l’élémi, une résine qui va également donner des impression d’encens.

Le sillage très fin, n’est pas bourré de bois synthétiques désagréables et piquant, invasifs et dérangeant comme le karanal, mais plutôt sur des bois doux, proches du cèdre et de la mousse de chêne, comme l’Iso E Super et l’Evernyl. Le sillage se fait ainsi plutôt fugace, addictif presque, un peu intrigant, et n’est pas aussi dérangeant qu’un OneMillion ou qu’un Azzaro.

Il est d’ailleurs même plutôt étonnant de trouver un boisé si fin et réfléchi chez une marque qui joue sur l’excentrisme et la provoc’, pour qui on aurait plutôt imaginé un parfum « m’as-tu vu » qui tache, masculin au point d’en être cliché, surdosé en « bois qui piquent ».

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« Tu le vois mon gros flacon ? »

On pourrait rapprocher Bang d’Autoportrait (Olfactive Studio), de Graphite (Montana) ou de Carbone (Balmain), trois compostions au style « boisé dépressif » reconnaissable entre mille, et presque croire qu’il est signé Nathalie Lorson, spécialiste du genre.
Bien sûr, cette tête polarisante, cette finesse boisée et cette puissance bien moindre que toutes les sorties actuelles ont sans doute, entre autres, participé au flop de ce parfum. Il faut dire que le flacon fait un peu cheap et pour la campagne de pub, on repassera…

Yann Vasnier signe pourtant ici l’une des plus belles sorties masculine et mainstream de 2010 !

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5 réflexions sur “Bang, Marc Jacobs – Coup de coeur, coup de poivre…

  1. Hello,

    Un ami cher a choisi ce parfum très récemment, j'avoue que je ne le connais pas mais j'aurais été très surprise d'un  » élan  » de mauvais goût chez cet ami… Je dois dire que Marc Jacobs au féminin c'est très mauvais, d'où ce préjugé qui visiblement n'a pas lieu d'être, tant mieux !

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  2. Oui, très réussi par rapport aux sorties féminines fadasses et délavées.
    Bon, ce Bang n'est pas non plus la révolution du siècle, il est très « facile » à porter, mais très bien fait et vraiment étonnant dans la gamme de Marc Jacobs, tant il est bien plus original et aboutit que tout le reste.

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