Séville à l’Aube ! (et on continue les interrogations existentielles de perfumistas…)

Bon,

On a déjà beaucoup entendu parler au sujet de la dernière nouveauté de l’Artisan Parfumeur, Séville à l’Aube.
C’est que son histoire n’est pas habituelle !

Séville à l’Aube est un conte olfactif tiré d’une histoire vraie : celle du réveil de son inspiratrice, Denyse Beaulieu, sous les orangers de la cité espagnole, au sortir d’une nuit torride avec un bel andalou. Caliente …

Tout un programme !

Voilà donc notre chère Grain de Musc élevée au rang de « muse », mais surtout de privilégiée, puisqu’elle aura pu assister à l’élaboration de la fragrance qu’elle a inspirée, du début à la fin, en donnant la réplique à Bertrand Duchaufour sur la scène de son orgue à parfum.
Une histoire toute personnelle et sincère, donc, mise directement en flacon !

Comme tout parfum construit sur une histoire précise et que l’on sait nous vendre, et surtout que l’on nous présente longtemps avant sa sortie officielle, dure est la réalité lors de la première approche. En parfumerie, on a tendance à trop idéaliser un parfum, avant de le sentir. Piège terrible !
Deuxième « piège » : l’avis des autres. Il a fait l’unanimité chez beaucoup de mes amis qui l’ont senti avant moi. Commence alors une longue attente peuplée d’interrogations…
Va-t-il me plaire ? Suis-je obligé de l’aimer ? Me sentirai-je obligé de l’acheter si je l’aime ?

Comme si toute notre vie, à ce moment précis, reposait sur ce seul parfum.

La découverte de Séville à l’Aube n’allait donc pas être de tout repos !
Je peux déjà vous dire que lors de ma première inhalation du précieux liquide vaporisé sur mon bras, je suis resté de marbre. Ni emballé, ni déçu : l’effet du premier piège ! On se fait toujours avoir j’vous dis !
Et puis, comme les éloges à son sujet, autour de moi, n’en finissaient plus lors de nombreuses discussions parfumées, je me suis senti obligé de le détester un peu, dans un premier temps, histoire de se démarquer des autres. Je dois bien l’avouer, et c’est humain !
Ça fait partie de nos réactions primaires et bêtes.

Puis, finalement, la magie a opéré. Je lui ai laissé la « chance du voyage en train », autrement dit : profiter d’un long voyage pour s’enfermer dans un lieu quasi hermétique, dans sa bulle, avec un seul parfum sur le poignet, et pour seuls compagnons, ses pensées, son nez et ses yeux.
Paris / Annecy pour comprendre et finir par l’apprécier, et quelques semaines pour affiner mon jugement.

Et durant ce voyage d’analyse (appelons-le comme ça !) j’ai laissé le parfum me parler. Et je dis bien « le parfum » et non « les notes ». Je l’ai laissé me raconter sa propre histoire, comme je l’avais rarement fait, je crois, avec un parfum. Étant alors dans ma période de recherche d’ « effets tactiles » dans les parfums, j’ai trouvé mon bonheur avec Séville à l’Aube. Bertrand Duchaufour nous montre, encore une fois, son talent à jouer sur bien plus que les odeurs, et à sublimer les matières les plus communes avec une signature reconnaissable entre mille !

Fraîcheur fusante
+
Pétillance fruitée
+
Râpeuse poussière
+
Beaumes contrastants

Telle est la formule qui m’a conquis !
Comme une alliance du végétal et du minéral, quand les corps brûlants passent de l’oranger lumineux au sable grisant… du minéral surtout, avec un effet de poussière sèche, qui accroche le nez, fait crisser la formule, dans un contraste en ton sur ton avec l’aspect crissant du départ détonnant.
Je vous passe donc, volontairement, la description des notes, des accords, qui le composent, car beaucoup d’articles très complets et très bien écrits nous en parlent déjà (par exemple ici, , où encore !), et parce que volontairement, je me refuse à le décortiquer du haut au bas de la pyramide olfactive. Seuls les effets comptent, ici, pour moi. Et pour profiter au mieux de ces effets, il faut le porter !

Est venu ensuite le moment du lancement officiel, ce qui allait créer un petit malaise…
Autour de moi, untel a craqué pour un flacon, suivi de lui, puis d’elle… ça ne m’a pas étonné, mes amis ont bon goût [ ;) ] et c’est évident qu’il leur fallait Séville à l’Aube. Pour eux c’était LE coup de cœur, franc et indiscutable, le coup de génie de l’année. Si bien qu’il est devenu THE « perfume to have » de l’été 2012 dans mon cercle d’amis perfumistas.

Et moi, et moi, et moi… (comme disais Dutronc !)

L’acheter? L’acheter pour l’acheter ? Juste parce que je l’aime un peu ? Pour faire comme les autres ?
Au final, je n’aurais plus vraiment l’impression d’avoir un parfum « à moi », en égoïste que je suis, avec toutes ces personnes qui ont désormais leur flacon ! Et pourtant, à chaque fois que je m’autorise sur mon poignet une goutte de ma mini-fiole, c’est la même extase, la même fascination. Mais à voir tous les autres le porter… je ne sais pas… j’avais comme une certaine réticence !
(Je pense que si un étudiant en psychologie voulait faire une thèse en lien avec le parfum, j’ai un bon sujet pour lui… )

Mais j’ai fini par craquer pour un flacon !
Pour dire d’en profiter pendant que les beaux jours sont encore là !

Du moins, c’est l’excuse que j’ai trouvé, peut être pour ne pas admettre que j’en suis dingue, ou que j’aurais pu m’en passer !

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Séville à l’Aube est pour l’instant lancé en édition limitée et est disponible dans toutes les boutiques de l’Artisan Parfumeur, ou les points de vente sélectionnés.

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